Ces choses que j’aurais aimé savoir sur le post-partum

Florence Foresti parlait déjà avec humour il y a maintenant 13 ans du secret maternel, qui conduirait les jeunes mères à ne pas parler de leur accouchement pour ne pas effrayer les générations futures. Si j’ai adoré ce sketch à l’époque et que ça faisait déjà prendre conscience de certains sujets, en 2022 on idéalise encore trop la grossesse, l’accouchement ou encore le post-partum. 
J’ai découvert bien des choses en cours de grossesse ou après, que j’aurais aimé savoir, et c’est donc le but de cet article. Visibiliser, dans le but d’informer et permettre d’éventuellement se préparer, mais surtout ne pas se sentir seule le moment venu. 

La déchirure/l’épisiotomie

Avant d’y être confrontée j’en avais vaguement entendu parler. Notamment qu’il valait mieux l’éviter dans la mesure du possible, mais que l’avis de la mère était rarement demandé. Au final j’ai eu une déchirure naturelle, qui a nécessité quelques points.
Ca a rendu la gestion des premiers passages aux toilettes un peu compliqué au début, et c’était une douleur à laquelle je ne m’attendais pas.

Un rouleau de papier toilette amené dans la valise maternité peut aider, pour éviter le papier parfois rêche de l’hôpital. Avoir une poche froide aussi. A savoir que l’équipe donne souvent des anti douleurs dans les heures qui suivent pour gérer et supporter plus facilement les douleurs éventuelles. Concernant le recours à l’épisiotomie, il est possible d’aborder le sujet avec l’équipe médicale; via un projet de naissance ou non, et de demander à ce qu’elle soit évitée sauf cas spécifique. Sinon il existe des initiatives pour connaître les pratiques obstétricales de la maternité où l’on va accoucher. Par exemple, ce site recense les pratiques des maternités d’Ile-de-France : épisiotomies, mais aussi césariennes ou encore péridurales.

Les tranchées

Après l’accouchement, l’utérus continue de se contracter, pour se remettre en place. Mais aussi pour éviter une trop grosse perte de sang. L’allaitement peut les rendre un peu plus intenses à ressentir (mais cela accélère la remise en place). Il faut plusieurs semaines en effet pour que l’utérus retrouve sa taille et sa place.

Des anti douleurs et/ou une bouillotte peuvent aider. En général ceux-ci sont prescrits après l’accouchement pour limiter l’inconfort. Si ce n’était pas le cas, et que c’est trop douloureux il ne faut pas hésiter à en parler à l’équipe médicale.

Les lochies

Après l’accouchement (comme après une fausse couche ou une IVG d’ailleurs), la mère continue de perdre du sang. Ca peut durer pendant plusieurs semaines.

Sur place pour être confortable il est recommandé d’avoir des slips jetables et des grosses serviettes épaisses. Ca évite de tâcher sa lingerie habituelle mais surtout d’être serrée au niveau du ventre ou de l’entrejambe. Particulièrement agréable dans le cas d’une césarienne, d’une épisiotomie ou encore d’une déchirure. Les tampons sont à éviter pour limiter le risque d’infection.
Beaucoup de marques de lingerie menstruelle ont développé des gammes dédiées au post-partum.
Si je vous conseille de rester sur les serviettes et slips jetables à la maternité, pour plus de tranquillité et parce que sans machine ça risque d’être galère, pour les suites à la maison j’aurais rêvé de les avoir.

Moodz propose par exemple une culotte vague, des super taille haute, et des boxers. Le tissu est agréable au toucher et contact avec la peau. Les culottes sont confortables à porter, et sont adaptées pour des flux dits abondants. Ici mon chouchou pour les nuits notamment et que j’aurais adoré avoir c’est le boxer.

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Hémorroïdes/constipation

Si on peut déjà en avoir pendant la grossesse, c’est particulièrement le cas aussi dans les jours qui suivent l’accouchement. Le poids du bébé sur la fin, le fait de pousser, peuvent notamment jouer.

Comme plus haut, un bon papier toilette, voire de l’eau pour se nettoyer au début peuvent aider. Sinon, un support comme un repose-pied aux toilettes pour réhausser un peu les jambes, ne pas rester plus de temps que nécessaire aux toilettes, et éventuellement une crème médicamenteuse. Les aliments frais et riches en fibres quant à eux permettent de limiter la constipation.

La fatigue

Incontestablement le conseil que j’ai sous-estimé tout au long de ma grossesse. Reposes toi maintenant pendant que tu le peux. Non pas que je puisse faire une réserve de sommeil lol, mais j’aurais du savourer un peu plus la possibilité de dormir quand je le voulais pendant le congé maternité pré-accouchement.

Dormir autant que l’on peut ensuite, en priotarisant dans le mesure du possible ce qu’on a à faire peut aider. Par exemple, relâcher la pression en terme de tâches ménagères, etc. Pas toujours évident quand on reprend le travail à la fin du congé maternité par exemple, mais ici je faisais des siestes quand je le pouvais (dans les transports notamment). Le soir j’ai vite abandonné l’idée de mes soirées d’avant, j’ai fini par me coucher en même temps que bébé la plupart du temps en privilégiant une nuit de sommeil plus complète, à une soirée « habituelle ».
Bien évidemment le compagnon ou la compagne ont leur importance. La répartition des tâches est essentielle. L’entourage comme les ami.e.s ou la famille peuvent être un soutien et un relais important, et permettre à la mère de se reposer autant que possible, mais aussi se sentir soutenue.

La montée de lait

Qu’on allaite ou pas, quelques jours après l’accouchement a lieu la montée de lait. Le corps cesse sa production de colostrum et produit du lait pour le bébé. Ca peut être douloureux et incommodant. Les seins gonflent, sont chauds, tendus.

Lorsqu’on allaite, le plus simple reste de mettre bébé au sein +++. On peut entre les tétées appliquer du froid sur les seins pour soulager la douleur, et juste avant la tétée appliquer du chaud pour faciliter l’écoulement du lait. Entre les tétées si besoin, exprimer un peu le lait pour soulager, en massant. Ou encore utiliser la technique dite du verre d’eau : remplir un verre d’eau chaude non brûlante et y mettre le sein.
Si l’on ne souhaite pas allaiter, certaines maternités donnent encore des cachets qui coupent la lactation, mais beaucoup ne le font plus car ils seraient cancérigènes. Pour soulager il est possible de mettre des feuilles de chou dans sa brassière. Il paraîtrait que les tisanes de sauge, prises trois fois par jour, aideraient. Sinon ill est également possible d’appliquer du froid pour soulager.

Le baby blues

La fatigue ou encore la chute des hormones favorisent le baby-blues. Un épisode de déprime qui touche 6 à 8 femmes sur 10 après l’accouchement. Ici il a été exacerbé par l’isolement que j’ai pu ressentir à la maternité, les difficultés liées à l’allaitement au début, le manque d’informations et les contradictions de l’équipe soignante.

J’ai accouché à un moment où nous avions les grands en garde pour les vacances, et je ne voulais pas que mon mari les fasse garder pour pouvoir profiter d’eux (sauf le premier jour). Mais du coup, s’il est passé avec eux plusieurs fois à la maternité j’ai nettement sous estimé le sentiment de solitude sur place, avec des équipes peu présentes car en sous-effectif et débordées et un bébé qui dormait tout le temps. Avec du recul j’aurais préféré que mon mari soit plus présent sur place avec moi, y compris la nuit comme ça peut se faire dans certaines maternités.
Quelques autres pistes dans l’article Le baby-blues et la dépression post-partum : différence, témoignages et ressources.

La perte de cheveux

Dans les semaines ou mois qui suivent l’accouchement, la mère peut avoir des pertes de cheveux. Si ça peut être super impressionnant, ce n’est pas anormal et n’est pas du à l’allaitement comme on peut souvent l’entendre ou lire. C’est essentiellement du à la chute d’hormones appelée aussi désimprégnation.

Faire un bilan sanguin peut permettre de diagnostiquer d’éventuelles carences et cibler des compléments alimentaires à prendre. Sinon dans la mesure du possible manger équilibré ou encore limiter le stress et la fatigue (on s’entend que c’est pas toujours évident avec un bébé). Plus de détails dans l’article La perte de cheveux post-partum.

Le poids

La grossesse engendre son lot de modifications corporelles. Parmi celles-ci, il y a souvent une prise de poids tout au long de la grossesse, et parfois une perte de poids importante ensuite. Ces changements corporels peuvent ne pas être évidents à vivre. Nombreuses sont les mères à vouloir entamer des régimes après l’accouchement, ou à déplorer l’aspect de leur peau, ou d’autres parties de leur corps.

Un adage dit qu’il faut 9 mois au corps pour se préparer à donner la vie, qu’il lui en faut au moins autant pour s’en remettre.
Cela dit, on n’est pas toutes égales face à ce phénomène.
Si les médias ou Instagram nous abreuvent régulièrement de photos de star extrêmement minces quelques jours après leur accouchement, c’est loin d’être la norme.
De plus en plus de femmes communiquent à ce sujet sur les réseaux.
J’avais partagé dans l’article Perte de poids après un accouchement quelques posts de mères étrangères sur les réseaux.
En France aussi, il y a eu un mouvement similaire, initié par Illana Weizman, Masha Sexplique, Morgane Portheault Koresh et Ayla Saura. Via le hashtag #monpostpartum, que vous pouvez consulter sur les réseaux sociaux, notamment Twitter mais pas que.
Par exemple, ce post publié sur Instagram par Illana Weizman.

Elle a d’ailleurs sorti par la suite un livre sur le sujet, Ceci est notre post-partum. Que vous pouvez retrouver ici.

livre nos post partum

Masha Sexplique, Morgane Pourtheault Koresh et Ayla Saura ont elle co-écrit un livre de leur côté, Nos post-partum. Que vous pouvez retrouver là.

En tous les cas, ne désespérez pas trop à la lecture de cet article. La maternité et le post-partum ne se résument pas qu’à ça. Mais n’hésitez pas à vous préparer autant que possible, à en parler et à vous faire soutenir et aider le moment venu. Ne culpabilisez pas de faire passer vos besoins devant, de prendre le temps de récupérer, physiquement et/ou moralement; et de faire appel à un tiers au besoin.

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