La sexualité après la grossesse/l’accouchement

Si pendant la grossesse la sexualité se poursuit généralement comme à son habitude ou presque, l’accouchement peut entraîner des chamboulements. Il sollicite en effet beaucoup la muqueuse vaginale, il peut y avoir eu une déchirure ou une épiosotomie, une césarienne, etc. Des impacts sur le corps qui peuvent nécessiter plusieurs semaines avant de cicatriser ou retrouver la tonicité habituelle.
En dehors de ça, l’accouchement reste physique et peut entraîner dans les jours/semaines qui suivent de la fatigue. Sans compter le fait de s’occuper d’un bébé. Et ce, contrairement à ce qu’on dit, autant un bébé allaité qu’un autre.

La sexualité peut aller parfois passer au second plan. Et vous savez quoi ? Ce n’est pas grave !
La plupart du temps les rapports reprennent à la demande de l’homme, dans un couple hétérosexuel (source). Si les recommandations du corps médical tournent en moyenne autour de 6 à 7 semaines, dans la réalité chaque couple est différente et nombreux.ses sont celles et ceux qui attendent plusieurs mois.
Elle peut aussi être différente.

Les causes possibles de la baisse de la libido

Le fait que la sexualité passe au second plan peut s’expliquer de différentes manières.

La chute de la production d’oestrogène : elle est due à la hausse de production de prolactine, hormone de l’attachement essentielle également dans la production de lait. Qui à haute dose bloque l’ovulation. C’est aussi le cas chez les autres mammifères, permettant ainsi que la mère soit centrée sur son bébé.

La crainte, l’appréhension : par exemple de douleurs. En cas de déchirure ou d’épisiotomie par exemple. Mais aussi césarienne. Ou d’autres raisons encore.

Les changements corporels. La grossesse entraîne souvent une prise de poids, qui peut ne pas être bien vécue. On dit que le corps met 9 mois à se préparer à l’arrivée du bébé, et 9 mois à s’en remettre.
Il faut parfois du temps avant que la femme ne se fasse à ces changements. Elle peut se sentir moins désirable et faire passer la sexualité à un second plan.

D’ailleurs elle ne se limite pas qu’à la mère. Le compagnon ou la compagne peuvent aussi par là.

Ce qui peut aider

L’écoute et la communication : La sexualité est propre à chacun.e. Tout le monde ne ressentira pas la situation de la même manière. En tous les cas, l’écoute peut aider. L’écoute mutuelle, mais aussi de soi.
En aucun cas l’un.e des partenaires ne soit se forcer et/ou se sentir obligé.e.
En aucun cas un.e des partenaires ne doit faire de chantage ou de reproche à ce sujet.

Aller à son rythme : Prendre le temps de se découvrir autrement ou de se retrouver.

Effectuer dans les semaines qui suivent l’accouchement la rééducation du périnée. Nombreuses sont celles qui évoquent une sensation différente lors des premières pénétrations post-accouchement. La rééducation du périnée permet de retrouver une tonicité des tissus autour du vagin, en plus du reste. Pour rappel elle est prise en charge par la sécurité sociale.

Ne pas rester braqué.e.s sur la pénétration. Préliminaires, caresses, massages, messages ou lettres érotiques, sex toys… Ni même sur la sexualité dans son ensemble. Etre un couple c’est bien plus que ça.
Partager de bons moments ensemble sans qu’ils soient nécessairement composés ou conclus d’une relation sexuelle.

Utiliser du lubrifiant lors de pénétrations. Avec les bouleversements hormonaux, il peut y avoir une sécheresse vaginale.

Et les enfants dans tout ça ?

Beaucoup de parents disent manquer de temps pour se retrouver « à cause » des enfants. Et le cododo est souvent remis en cause. On retrouve souvent, dans les articles de magazines féminins par exemple, des injonctions non conciliantes avec le maternage. Magicmaman parle par exemple de « compartimenter les différentes entités », « la chambre est d’abord un lieu conjugal propice à l’intimité ».
Pourtant la notion de chambre conjugale est une notion très occidentale. Le cododo n’empêche en rien de se retrouver. Il existe bien d’autres pièces en général, libre à chacun.e de recourir à son imagination et varier les plaisirs.
Idem pour les injonctions à « rester femme ». Déjà c’est une injonction très vague. Ca veut dire quoi rester femme ? Prendre le temps au détriment du temps passé avec son bébé pour se faire un brushing, se maquiller, s’épiler et accueillir monsieur quand il rentre du travail par une petite tenue et un repas aux chandelles ? Libre à chacune de prendre soin d’elle comme elle l’entend.

La contraception

Peu importe le moment où les parents choisissent de reprendre, il est important d’avoir réfléchi au choix de la contraception en amont.
Si les rapports reprennent avant la fin des locchies les préservatifs limitent les risques d’infection.
Sinon certains types de contraception sont à privilégier ou à éviter pendant un allaitement.
Plus d’informations dans cet article.

Témoignages

Isabelle G. :
« Pour ma 1ere avec mon mari nous avons mis 1 an  avant de reprendre quoi que ce soit. Fatigue, hormones, allaitement, cododo, retour de couche à 11mois. Lui comme moi n’étions pas dans de bonnes dispositions
Bébé 2 à 7 mois je suis épuisée physiquement et moralement. Il dort sur le canapé (confortable) pour me laisser bien dormir avec numéro 2.
Entre ma fille et mon fils il y a 5 ans et demi d’écart.
Nous avons eu notre période de renouveau. Et avec l’arrivée de numéro 2 c’est redevenu calme.
La chose positive que nous avons c’est la communication. On parle beaucoup de notre frustration ou pas, de nos désirs ou pas. De nos envies pour l’avenir. Nous ne cessons pas les embrassades et les petits gestes d’affection qui font aussi beaucoup. Pour nous et il est à 100% ok là-dessus ce n’est pas la fréquence des rapports qui fait le couple (en tout cas le notre). Avant d’avoir des enfants nous avons déjà eu des périodes no sex pendant des mois. On communique, on s’explique. Ca nous convient.
Pour nous l’important c’est l’amour qu’on se porte. Nos projets, nos fous rires.
Tant que la communication et le respect sont là… C’est l’important. »

 

Et vous ? Comment avez-vous vécu la situation ?
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