Le congé parental

Le congé parental, ou congé parental d’éducation dans son intitulé officiel.

En quoi ça consiste ?

A suspendre son travail, ou à en réduire le temps, pendant une période déterminée, dans le but d’élever un enfant, qu’il soit tout juste né, ou adopté.
Le père comme la mère, sous réserve d’un an d’ancienneté, peuvent le prendre, et bénéficier d’une aide financière de la part de la CAF pour compenser la perte de salaire.
L’employeur ne peut refuser une demande de congé parental, qu’elle consiste en une suspension de contrat, ou une réduction du temps de travail.
Cependant, dans le cas d’une réduction du temps de travail, en cas de désaccord sur les horaires de l’employé.e, c’est lui qui a le dernier mot.

Les modalités

Le congé parental peut être pris dès la fin du congé maternité. Dans ce cas le parent doit prévenir son employeur au moins un mois avant le début.
Dans le cas où il débuterait plus tard, le délai s’allonge à deux mois.
Il est accordé pour une durée d’un an. Mais peut être prolongé, jusqu’aux trois ans de l’enfant. (sauf dans le cas d’une adoption, là ce n’est pas renouvelable).
Si la demande est faite pour des jumeaux ou plus, il peut être prolongé jusqu’à leur entrée en maternelle (et si adoption multiple, être prolongé jusqu’aux 6 ans de l’enfant).
Pour le prolonger le parent doit encore fois prévenir son employeur un mois avant, qui ne peut le lui refuser, que ce soit de prolonger le congé parental/le temps partiel ou le passage de l’un à l’autre dans la limite de temps fixée par la loi, citée plus haut.

La compensation financière

Je le disais plus haut, il peut y avoir une compensation financière de la part de la CAF, la Prepare si :
– le parent remplit les conditions générales de bénéfices de prestations sociales (français ou ressortissant étranger résidant en France en situation régulière),
– l’enfant a moins de 3 ans, (ou moins de 20 ans si adopté),
– le parent justifie de 8 trimestres de cotisations vieillesse dans les deux à cinq dernières années selon le nombre d’enfants.
Le montant jusqu’au 31 mars 2019 est de :
– 396,01€ par mois en cas de cessation totale d’activité,
– 256,01€ pour une durée de travail inférieure à 50%,
– 147,67€ pour une durée de travail entre 50 et 80%.
Les deux parents peuvent bénéficier de la Prepare à tour de rôle.
Pour les détails sur la durée, selon la situation familiale, vous pouvez regarder sur le site de la CAF directement.

La fin du congé

A la fin du congé, l’employeur doit recevoir le parent lors d’un entretien professionnel, afin d’évaluer son avenir professionnel et ses besoins en formation.
Ile retrouve sinon son poste, et la rémunération qu’ile avait.

Le congé parental en France et à travers le monde

En France, peu d’hommes réduisent ou cessent leur temps de travail par rapport aux femmes.
Selon l’INSEE, en 2013, une femme sur deux le faisait contre un homme sur neuf.
C’est notamment pour inciter un peu plus les hommes à le faire que les conditions du congé parental ont évolué au fur et à mesure des années.
Mais combien hommes et femmes confondues, utilisent ce droit ?
En 2010, seulement 32% ont modifié leur temps de travail au moins un mois.
On remarque que plus les parents ont d’enfants, plus ils le font.
Mais comparé au reste du monde, cela représente encore une petite proportion des parents.
En effet, si certains pays sont plus restrictifs, par exemple en ne compensant pas du tout financièrement un congé parental (comme l’Espagne, le Royaume-Uni ou encore l’Irlande), les modalités du congé parental en France sont bien plus restrictives que dans d’autres pays.
Cela peut expliquer en partie l’écart de prise de congé parental à travers le monde.
Par exemple, en Suède les parents bénéficient d’un revenu de remplacement équivalent à 80% de leur salaire pendant les treize premiers mois. Chacun des parents doit prendre au moins 3 mois de congé parental pour bénéficier du reste du congé parental. Le parent continue également à cotiser pour sa retraite pendant le congé, et a le droit à des indemnités journalières s’il tombe malade pendant ce congé.
Au Canada, le parent peut prendre un congé parental à la suite ou non du congé maternité/paternité, de 52 semaines maximum. Celui-ci peut être rémunéré par l’employeur, ou donner le droit à une prestation, d’un minimum de 70% du revenu pendant les 7 premières semaines, puis 55% du revenu.

On voit bien la différence avec la France, ou les montants attribués sont fixes, et non proportionnels aux revenus. Ce qui peut notamment expliquer à l’heure d’une inégalité salariale entre hommes et femmes encore forte, pourquoi les pères prennent encore peu de congé parental.

Choix difficile

En France, la décision de prendre le congé parental ou non reste un choix difficile.
En effet, vu les montants de la Prepare on peut aisément comprendre que des parents ne le prennent pas.
Selon l’INSEE la proportion de femmes réduisant plutôt que cessant le travail est plus importante selon la formation. La rémunération étant généralement plus élevée le lien est vite fait.
Passer d’un salaire de 1500 à 2000 euros par exemple, à une aide de 390 euros n’est pas toujours possible pour une famille, notamment monoparentale.
Ici par exemple, cela n’a pas été envisageable de cesser mon activité.
Nous avons fait le choix que monsieur prenne un congé partiel en réduisant son temps de travail à 80%.

Témoignages

Voici quelques témoignages de parents ayant fait le choix de prendre un congé parental, partiel ou total.

« Je le dis plus haut, ici c’était compliqué de le prendre de manière totale.
Financièrement pour tous les deux, et en plus pour monsieur parce qu’il était en période de formation qu’on payait pour moitié, donc difficile de ne pas la finir au vu de l’investissement personnel et financier.
Monsieur et moi ayant un salaire équivalent à cette période, et ayant les deux grands pendant les périodes de vacances, nous avons décidé que monsieur réduirait son temps de travail pendant 6 mois à 80%.
Cela nous a permis de compenser légèrement la perte avec la Prepare, mais surtout d’organiser l’absence avec l’employeur pendant les vacances scolaires.
Ça les arrangeait car plus facile de remplacer monsieur pendant cette période, et assurer le service.
Et nous parce que cela permettait à monsieur d’être présent pendant les vacances scolaires, quand les grands étaient là.
Cela dit, financièrement cela a quand même eu un impact. »

« A la naissance de ma première, je ne pouvais pas me permettre de prendre un congé parental total. En effet, on ne gagnait pas assez pour pouvoir payer les factures et le loyer. Du fait de nos métiers en restauration, j’ai donc repris a temps partiel. Ce qui me permettait de concilier la vie pro et familiale et surtout de vivre.
Pour la 2de qui n’était pas prévue de suite mais qui nous a quand même fait la joie d’arriver à ce moment là, j’ai fais de même.
Puis au bout des 3 ans j’ai repris une activité a temps plein et à responsabilité. Nous avons acheté une maison. Je ne voyais plus mes enfants car mon employeur avait fait en sorte que je ne les vois pas… et tout ça dans la plus grande légalité (merci la convention HCR). Je vivais très mal la situation, mes enfants aussi et surtout ma paie passait entièrement dans les frais de garde d’assistante maternelle et de baby-sitter ainsi que dans les frais de transport.
Je suis retombée enceinte et du fait de l’évolution professionnelle de mon conjoint et de l’achat de la maison (suspension de credit etc…) et de la situation antérieure à cette nouvelle grossesse nous nous sommes dis que ce n’était pas possible que je reprenne le travail.
J’ai donc pris un congé parental à temps plein.
Les avantages du congé parental à taux partiel sont : le fait de pouvoir concilier vie pro et familiale quand on ne peut pas se permettre de s’arrêter complètement. En cumulant la PAJE et la CMG on peut profiter de ses enfants du coup.
Les inconvénients : la durée d’indemnisation par la CAF (2 ans pour 1 parent et la dernière année pour le 2nd parent). Et on se sent parfois exclue car on a des horaires moins chargé et des remarques « oh ça va tu travailles que… ». On se fait passer pour une flemmarde… lol
Avantages du congé à taux plein :
Etre 100% dispo pour les enfants (allaitement, pas de soucis de tirage, pas de stress) pour les rendez-vous médicaux on a plus de créneaux 😅. On profite de la vie. On les voit grandir, s’épanouir.
Inconvénients : l’indemnisation. Qui est bien trop faible. La durée d’indemnisation.
La vision de la société et de nos familles voire parfois du conjoint. » Aurélie F.

« Ma 1ere fille est née en septembre 2008. En janvier 2009, suite à mon 1er congé mat, j’ai demandé un congé parental à temps partiel, à 80% pour 3 ans. Mais je n’ai été compensés que 6 mois par la caf. Je travaillais 4 jours sur 5. J’avais mes vendredi. Bon, j’étais cadre et responsable de service, donc officieusement je bossais de la maison mais bon… J’étais maman célibataire et ma puce était en garde de 7h30 à 19h du lundi au jeudi. Je la voyais plus et ça me bouffais.
Fin 2011 suite aux 3 années de congé parental, j’ai demandé un avenant à mon contrat de travail pour être à 80% tout le tps.
En juillet 2012, j’ai changé de société. J’ai repris à 100%. Ma fille allait avoir 4 ans en septembre 2012. Elle entrait en moyenne section. Et elle avait une nounou les mercredis et vacances scolaires. J’ai diminué mes amplitudes horaires. C’était plus possible…
J’ai rencontré mon chéri en septembre 2012, il avait ses 2 filles, et nous nous sommes installés ensemble début novembre. A ce moment là, il bossait sur roissy et nous vivions à Poitiers. Il a donc pris lui, un tps partiel à 80% pour 6 mois.
En fevrier 2014, nous avons appris ma grossesse pour une naissance prévue en novembre. Sachant que c’était le 4eme enfant du foyer fiscal, j’ai eu 6 mois de congé mat. A l’issue de mon congé maternité j’ai négocié une rupture conventionnelle avec mon employeur. Faire garder 4 enfants pdt que je bossais étaient hors de prix, sachant que nous en avions 2 de 6 ans, donc sans aide de la caf pour la nounou, et trouver une nounou qui accepte 3 périscolaires et 1 scolaire était juste impossible ! Nous n’avons pas de centre aéré ici ou de crèche. Et nous avions plus d’aide si j’étais déclarée demandeur d’emploi que en congé parental auprès de la caf. Et surtout, ça me faisait ch*** que mes (belles) filles soient élevées par une autre personne que moi !
Donc, congé mat jusqu’en mai 2015, chômage de aout 2015 à août 2017.
Ensuite, j’ai demandé à tout hasard un congé parentale à la caf. Ma fille née en novembre 2014 n’avait pas 3 ans et était encore ds le régime du congé de 3 ans.
Contre toute attente, j’y ai eu droit : en ayant travaillé 15ans + 2 ans de chômage j’y avait droit jusqu’au mois qui précède les 3 ans. Donc octobre 2017.
J’etais enceinte à cette période de ma dernière. Forte de ma réponse positive de la caf pour mon congé parental, j’ai fait une demande après de la secu pour une indemnisation de mon congé maternité qui était de mi novembre 2017 à mi mai 2018. Et bingo ! Vu qu’il n’y a eu aucune coupure entre mon travail, mon chômage, mes congés mat et parentaux…. Ben j’ai été rémunérée à hauteur de mon dernier salaire avant le chômage ! (salaire de cadre sup… 💪).
A la suite du congé mat, j’ai fait une demande de congé parental prepare pour ma dernière née en janvier 2018 et j’y ai droit jusqu’à son 23eme mois, soit décembre 2019.
Pourquoi être en congé parental ?
Aujourd’hui, mes filles et belles filles ont 10, 5 ans, 10 ans, 7 ans, 4 ans et 13 mois.
Nous n’avons pas de famille autour de chez nous. Et même si nous avions de la famille, garder 5 enfants semble compliquer pour bcp de monde. Même les nounous n’ont pas 5 agreements. Il me faudrait donc 2 modes de garde. Il me semble que mes grandes de 10 ans sont encore trop jeunes pour rester seule des journées entières.
Pour faire garder toute ma tribu, mon salaire confortable de cadre sup y passerait. On avait calculé à l’époque où elles n’étaient « que » 4, et on en avait pour 2000 EUR par mois en comptant les frais de garde et l’ursaff à payer pour des enfants de plus de 6 ans (compenser par la caf et pajemploi quand les enfants ont moins de 6ans), sans compter que si je bossais on avait des frais de voiture en plus, des impôts… Donc, non seulement mon salaire partirait en frais de garde pour payer une ou 2 personnes pour élever mes enfants mais en plus je paierais des impôts. Donc autant que j’élève mes filles.
Pourquoi moi plutôt que mon mari : j’allaite mes filles et ça simplifiait grandement le maternage, mon mari est fonctionnaire et n’a pas les même droits notamment celui du chômage et moi, j’me sentais de le faire pas lui. » Stéph

Les bébés révoltés

Si vous cherchez d’autres informations au sujet du congé parental, vous pouvez vous rendre sur la page Facebook Les bébés révoltés.
C’est la page d’un mouvement initié en 2014 qui milite pour le libre choix dans chaque foyer du partage ou non du congé parental.
Une des membres de l’équipe est souvent auditionnée pour des commissions au parlement.
L’équipe, en plus de défendre les droits des parents, les informe sur leurs droits, notamment lors de changements.
En effet, le discours peut être changeant lorsque l’on contacte la CAF en fonction de l’interlocuteur.trice que l’on a.

 

Je vais proposer prochainement un article sur le fait de ne pas prendre de congé parental, ou le non choix de la reprise du travail plus précisément.

Et vous ?
L’avez-vous pris ? A temps partiel ou non ?
Avez -vous rencontré des freins, difficultés ?
Comment cela s’est passé ? Qu’est-ce qui vous a motivé à le prendre ?
Si vous voulez témoigner n’hésitez pas à envoyer un mail à lesptitesmainsdabord@gmail.com

Sources :
INSEE
INSEE

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