Choisir le mode de garde de son bébé/enfant

Quand on devient parent, on est vite confronté.e à un choix concernant la garde de son enfant.
En effet en France le congé maternité n’est que de quelques semaines, (que dire des 14 jours du congé paternité ?), et très vite la mère est enjointe à reprendre le travail.
Se pose alors la fameuse question : congé parental ou garde ?
Je vais m’étendre aujourd’hui plus en détails sur le mode de garde, étant donné qu’en 2015 39% des enfants de moins de 3 ans étaient gardés par un adulte autre que l’un de leur parent d’après l’observatoire national de la petite enfance.
Le sujet du congé parental est abordé ici, et pourquoi autant de parents ne le prennent pas .

Quand la question de la garde se pose, les parents ont tendance alors à se demander crèche ou assistante maternelle ?
Pourtant les possibilités ne se limitent pas qu’à ces deux là.
L’occasion pour moi de vous les présenter en détail.

Avant de faire la présentation individuelle des différents modes de garde possibles et de donner quelques chiffres je rappelle que pour les considérer il faut prendre en compte le manque de place dans les milieux de garde, particulièrement dans certaines régions. Selon l’observatoire national de la petite enfance, en 2017 il y avait 56,6 places pour 100 enfants.
C’est aussi pour cela que 61% des enfants de moins de 3 ans sont gardés la majeure partie du temps par un de leurs parents, même si ce n’est évidemment pas le seul critère à prendre en compte.
On parlait par exemple plus haut du choix de prendre un congé parental.
Les chiffres peuvent aussi s’expliquer pour les nombreux parents qui travaillent en horaires décalés (soirs, week-ends etc) et pour lesquels ils ne trouvent pas de garde, ou ne prennent pas celles de leur premier choix.

 

Les différents modes de garde :

  • Les principaux :

– L’assistant.e maternel.le :

En 2017, 25% des enfants gardés l’étaient par un.e assistant.e maternel.le.
Professionnel.le ne pouvant exercer qu’avec un agrément dispensé par le conseil général, ile garde un ou plusieurs enfants à son domicile. Cet agrément est valable 5 ans et doit être renouvelé au bout de cette durée.
Dans le cadre de la demande d’agrément l’assistant.e maternel.le doit :
– Suivre une formation de 60 heures et s’engager à effectuer 60h de plus en cours d’emploi  (une dispense existe si la personne a des pré-requis : CAP petite enfance ou une autre formation dans le domaine de la petite enfance au moins de niveau III).
– Passer une visite médicale et attester des vaccinations obligatoires.
– Fournir certains documents comme un bulletin d’extrait de casier judiciaire pour elle.lui mais aussi toutes les personnes majeures vivant au domicile.
Ile reçoit également une visite à son domicile d’un.e professionnel.le de la PMI attestant de la capacité à accueillir des enfants, et aidant à déterminer le nombre d’enfants qui seront accueillis.
Ile peut en accueillir de un à quatre de moins de 6 ans et peut garder en même temps son ou ses enfants, mais si celui-ci ou ceux-ci ont moins de 3 ans iles sont décompté.e.s de l’agrément.
Par exemple, une assistante maternelle qui a un agrément pour 3 et garde son enfant de 2 ans ne pourra garder que 2 enfants.
Il existe des dérogations mais l’accueil ne peut dépasser 6 mineur.e.s au domicile.

La majeure partie du temps les assistant.e.s maternel.le.s sont employé.e.s par des particuliers, qu’on nomme PE, Parent Employeur. Je ne vais pas revenir sur toutes les démarches administratives, des sites existent pour cela, notamment Pajemploi.
En bref le PE établit un contrat de travail pour l’assistant.e maternel.le et la.le rémunère et fournit un bulletin de salaire chaque mois.

Sous certaines conditions et selon la situation financière, familiale etc, le.s parent.s employeur.s peu.ven.t bénéficier du CMG :
– une prise en charge partielle de la rémunération de l’assistant.e maternel.le (un minimum de 15% reste à la charge du PE). Versé au PE directement via la CAF/MSA.
– une prise en charge partielle des cotisations et contributions sociales (versé au centre national de Pajemploi directement).
A savoir qu’il est également possible de déduire 50% des frais de garde des impôts (dans la limite de 2300 euros déclarés par année par enfant). Auparavant cela se faisait sur la déclaration annuelle et un crédit d’impôt ou une restitution était faite selon la situation du foyer. Vérifiez la procédure avec le prélèvement à la source à venir (sur le site impots.gouv).

En étant toujours employé.e.s par un parent les assistant.e.s maternel.le.s peuvent faire le choix de se regrouper dans un local, en formant une MAM (Maison d’Assistant.e Maternel.le).
Elle peut regrouper de deux à quatre assistant.e.s maternel.le.s, donc accueillir un maximum de 16 enfants selon l’agrément de chaque assistant.e maternel.le.
En 2016 le Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, a publié un guide visant à en faciliter la création et la gestion, adressé à la fois aux PMI et aux assistant.e.s maternel.le.s.

Quand iles ne sont pas employé.e.s directement par un particulier les assistant.e.s maternel.le.s peuvent également exercer dans des collectivités municipales ou territoriales.
Iles sont dans ce cas rattaché.e.s à des crèches familiales.
L’assistant.e maternel.le est alors un.e employé.e de la collectivité qui gère son salaire, ses congés etc.
Les parents ne choisissent pas la personne qui gardera leur enfant.
Le.la directeur.trice de la crèche familiale gère les contrats, les placements en fonction des places disponibles, des horaires, de la distance…
L’assistant.e maternel.le bénéficie d’un accompagnement par les professionnel.le.s de la crèche et des accueils collectifs sont souvent organisés régulièrement pour réunir les enfants dans les locaux de la crèche.
Les parents règlent une facture en fin de mois à la collectivité directement en payant selon un taux d’effort déterminé à partir de leur quotient familial, le nombre d’enfants dans le foyer…
Ils ne peuvent donc prétendre à la CMG mais peuvent déduire/se faire restituer 50% des frais de garde annuels de leurs impôts.

– La crèche :

18% des enfants gardés en 2017 l’étaient dans une crèche.
Il en existe de différents types : familiale citée plus haut mais aussi collectives, parentales ou encore d’entreprise.

Une crèche collective peut être municipale/territoriale, ou privée.
L’équipe est composée de différent.e.s professionnel.le.s : directeur.trice (puéricultrice, médecin ou éducateur de jeunes enfants), et éducateurs de jeunes enfants, auxiliaires de puériculture…
Elle peut accueillir jusqu’à 60 enfants, et les taux d’encadrement sont de un.e professionnel.le pour 5 enfants qui ne marchent pas, et un.e professionnel.le pour 8 enfants qui marchent.

Une micro-crèche a les mêmes caractéristiques en accueillant moins d’enfants, en général jusqu’à dix enfants.

Une crèche d’entreprise a sensiblement les mêmes également, à savoir qu’elle est gérée par une entreprise et propose prioritairement des places aux employé.e.s. Elle est située au sein de l’entreprise ou à proximité et peut parfois accueillir des enfants des quartiers alentours.
Ses horaires sont cependant souvent plus flexibles que les crèches collectives qui ont plutôt des horaires dits de bureau.

Une crèche parentale est créée et gérée par les parents.
Elle peut accueillir jusqu’à 25 enfants.
Si l’équipe est composée sensiblement de la même manière que dans les autres crèches, les parents peuvent parfois participer à l’accueil des enfants.

Comme pour la crèche familiale le parent paye en fonction de ses ressources, du nombre d’enfants gardés, du nombre d’enfants dans le foyer…
Et peut bénéficier d’une déduction des impôts (ou restitution si non imposable).
Les places sont souvent dures à avoir selon les endroits.
Certain.e.s communes demandent par exemple de déposer un dossier dès les 3 mois de grossesse, sans garantie de place.

– Un.e membre de la famille/ami.e :

En 2017, 6% des enfants gardés l’étaient par un.e membre ou un.e ami.e de la famille. Souvent par défaut après n’avoir trouvé ni place en crèche ou assistante maternelle qui sont souvent les choix premiers des parents, mais pas toujours.
Par exemple 2% des enfants de moins de six ans sont gardés principalement par un de leur grand-parent.  Il n’empêche que le recours aux grands-parents bondit les mercredis et les vacances.
Selon une enquête, 2/3 de ces enfants sont gardés par leurs grands-parents ces jours là.
Ce mode de garde offre plusieurs avantages : l’enfant crée un lien supplémentaire avec son grand parent, est souvent gardé à son domicile ou un lieu qu’il connaît bien. C’est peu coûteux voire gratuit la plupart du temps.
Par contre, à moins que le grand parent garde des cousins/cousines, ou ne fréquente activement des lieux type LAEP, ludos etc, l’enfant voit peu d’enfants.

  • Les autres :

– L’auxiliaire parentale :

L’auxiliaire parentale garde l’enfant à son domicile.
Ile peut être employé.e par les parents directement ou par une société. Dans le deuxième cas la société prend en charge tout l’administratif mais c’est en général bien plus cher.
Dans les deux cas le parent est l’employeur et doit établir un contrat de travail, déclarer et rémunérer la personne, respecter le code du travail.
Il est possible de faire ce qu’on appelle une garde partagée avec une autre famille. C’est-à-dire employer une personne pour garder les enfants des deux familles, en partageant le salaire.
Sous certaines conditions, employer un.e auxiliaire parental.e donne le droit à la CMG.
Ainsi qu’à la déduction d’impôts (ou restitution si non imposable ).

– Halte -garderie :

Une halte-garderie peut être publique ou privée.
Elle peut accueillir des enfants jusqu’à 6 ans, mais uniquement de manière occasionnelle, quelques heures ou quelques demi-journées par semaine.
De ce fait n’importe qui peut y inscrire son enfant, peu importe la situation familiale. Par exemple un parent qui vit seul.e et ne travaille pas.
Des places sont garanties aux parents en insertion sociale ou professionnelle.
Comme pour les crèches le coût dépend des revenus et la situation familiale, et les frais annuels donnent la déduction d’impôts (ou restitution si non imposable).

– Jardin d’enfants :

Cette structure n’est ouverte aux enfants que de deux à six ans, non scolarisés ou scolarisés à temps partiel.
Les enfants s’y voient proposer des activités dans le but de favoriser leur éveil par des éducateurs de jeune enfant et auxiliaires de puériculture.
Les horaires sont souvent des horaires dits de bureau.
Les jardins d’enfant peuvent être publics ou privés.
Publics les parents payent souvent en fonction de leurs revenus et de leur situation familiale.
Privés le coût est fixé par le jardin d’enfant.
Les frais annuels donnent également le droit à la déduction d’impôts (ou restitution si non imposable).

– Jeune au pair :

Qu’on appelle aussi fille au pair communément, même si ces jeunes ne sont pas que des filles, ou plus officiellement stagiaire aide familiale étranger.
Un.e jeune au pair n’est pas considéré.e comme une nounou.
C’est un.e étudiant.e venu.e étudier en France, hébergé.e par une famille en contrepartie d’une participation à des tâches à caractère familial (garde d’enfant) ou ménager (petit travaux ménagers).
Ces tâches doivent représenter maximum 5 heures par jour, et la personne doit avoir au moins un jour de repos par semaine, dont au moins un dimanche par mois.
Elle doit pouvoir suivre ses cours.
La personne doit avoir entre 17 et 30 ans, être de nationalité étrangère et posséder un visa étudiant.
Elle peut être accueillie de 3 à 12 mois (maximum 2 ans sur prolongation).
Elle doit suivre des cours de français et pouvoir justifier de son inscription.
La famille qui l’accueille doit en plus de l’argent de poche (entre 261 et 314 euros par mois) payer des cotisations sociales (528 euros par mois), la déclarer et l’immatriculer à la sécurité sociale.

Finalement, qu’est-ce qui vous conviendra le mieux ?

Seul.e vous pouvez en convenir.
Bien des critères peuvent faire préférer un choix à un autre à des parents :
le fait de privilégier un accueil familial ou au contraire collectif, l’amplitude horaire, le coût, la distance…
Sachant que selon les zones géographiques les choix ne sont pas les mêmes et/ou pas autant.

A savoir que même si les accueils collectifs de petite/moyenne taille existent de plus en plus, bon nombre de professionnel.le.s déconseillent l’accueil en crèche de touts petits. Avant au moins un an.
En cause notamment les effectifs, et le taux d’encadrement pouvant entraîner une qualité des soins altérée.
Nombreux sont les professionnel.le.s qui demandent aux parents d’habituer leur enfant à dormir seul.e dans un lit, avec une tétine ou un doudou, parce qu’ils n’auront pas le temps de les accompagner faute de bras.
Idem avec l’allaitement. Bon nombre de mères se voient demander de sevrer, ou d’habituer bébé au biberon. Certain.e.s pros refusent même d’autres contenants que le biberon sous prétexte qu’ils n’ont pas le temps non plus.
J’en parle plus en détails ici et donne des éléments de piste, ainsi que des témoignages de professionnel.le.s.
Alors bien évidemment ce n’est pas comme ça partout, et ce n’est pas propre qu’aux accueils collectifs, mais prenez le temps de discuter avec les équipes lors des visites, de vous renseigner sur leur fonctionnement, leur projet pédagogique…
Ce sera l’objet d’un article à venir.

Où chercher ?

Il existe de nombreux moyens pour chercher un mode de garde.

Sur internet :
– Notamment celui de la CAF : Mon-enfant.fr.
Mais aussi :
Nounou-top pour trouver assistante maternelle ou auxiliaire parentale (ou baby-sitter pour de l’occasionnel).
– Facebook avec des groupes dédiés aux assistantes maternelles et parents, ou sur les groupes départementaux directement (par exemple Assistantes maternelles pro allaitement et pro maternage).
– Sur entreprises.gouv vous avez un annuaires d’entreprises de service à la personne. Vous pouvez y trouver celles qui proposent la garde d’enfants (type O2, kinougarde…).
– Pour accueillir un.e jeune au pair, vous pouvez trouver une agence ici.

Mais aussi physiques :

– Les mairies disposent de la liste des accueils collectifs et souvent celle des assistantes maternelles disponibles sur la commune.
– Idem dans les PMI et les RAM (d’ailleurs au RAM vous pouvez bénéficier de conseils par rapport à l’embauche d’un.e assistant.e maternel.le également. Pour l’établissement du contrat par exemple) Vous pouvez trouver la liste des RAM ici.
– Vous pouvez aussi vous renseignez auprès de votre employeur, celui-ci bénéficie peut-être de places dans une crèche d’entreprise.
– Zieuter les petites annonces dans les commerces de proximité (boulangerie par exemple).

Pour plus d’infos sur le crédit d’impôt vous trouverez les textes ici.

Et vous ?
Pour quel mode de garde avez-vous opté ?
Pourquoi ?
Et était-ce votre premier choix ?

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