Allaiter un.e enfant scolarisé.e, qu’est-ce que ça change ?

Ayant vu passer le sujet plusieurs fois cette semaine et le vivant actuellement j’me suis dis que c’était un sujet peu visible et que ce serait l’occasion d’en parler (d’après mon vécu et mon expérience).

Allaiter un.e enfant scolarisé.e est-ce fréquent ?

En 2014 une étude a été publiée, incluant 3365 enfants, dont 83% ont été suivis jusqu’à un an.
A la naissance 74% des enfants étaient allaités.
A 3 mois, 39% étaient encore allaités, exclusivement ou partiellement.
A 6 mois ils n’étaient plus que 25%.
A un an 9%. (source)
Quand on sait que l’entrée à l’école se fait généralement entre 2 ans et demi et 3 ans et demi, on peut sans peine imaginer que le taux d’enfants encore allaités à leur entrée à l’école est infime.

Une volonté de la mère ?

On entend ou lit souvent que finalement un allaitement non écourté, dit « long » perdure à cause de la mère. Que c’est elle qui enferme son enfant dans cette relation, et ne veut pas y mettre un terme.
J’ai déjà écrit d’une manière générale sur le sevrage naturel ici, je ne reviendrais pas aujourd’hui là dessus.
Pour ma part, je n’ai jamais eu en tête d’allaiter mon fils à l’école. Ça n’a jamais été un quelconque objectif. J’estime simplement que tant que je suis capable de répondre à un besoin qu’il exprime, je ne me vois pas ne pas y répondre.
J’ai commencé à allaiter en me disant que je verrais si j’en étais capable (merci le bourrage de crâne pendant la grossesse), puis assez vite, j’ai commencé à me dire que je viserai le sevrage naturel.
Si l’allaitement devait s’arrêter demain, ce serait une étape de plus dans le développement de mon enfant, et je passerai tout simplement à autre chose, tout comme lui.
Et je ne vois pas en quoi le fait de ne pas induire un sevrage serait un mal pour l’enfant, bien au contraire.
Pourquoi tout de suite penser que la mère projette des désirs présumés sur son enfant ?
J’avoue ne jamais trop avoir compris cette « théorie », la sexualisation de l’allaitement qui est souvent faite en parallèle non plus…

Comment ça se passe concrètement ?

Mais alors, concrètement, un.e bambin/enfant qui tète, ça se passe comment au quotidien ?
Non, mon fils ne tète pas 15 fois par jour. Oui il sait se passer de tétées plusieurs heures/jours.
Depuis quelques semaines il ne s’endort plus au sein en ma présence. Souvent il tète et/ou me fait un câlin quand c’est moi qui le couche et se retourne pour s’endormir.
En mon absence (quand il passe une nuit ou deux chez ses grands-parents à sa demande par exemple), il ne tète évidemment pas, ne boit plus depuis belle lurette de mon lait (j’ai arrêté de tirer à ses 16 mois), et n’y fait même pas allusion.
Il y a souvent une vision de l’enfant qui tète, comme d’un.e enfant accroché.e au sein à longueur de temps, au détriment de la mère, un peu vue comme une esclave… Je ne comprend pas non plus la pertinence du choix de cette image pour faire le parallèle, ni qu’on puisse envisager qu’une mère allaite sous la contrainte.

Le regard des autres ?

Si je lis souvent des remarques déplacées et/ou jugeantes et/ou malaisantes sur les réseaux sociaux, j’ai de la chance, je n’ai jamais rien vécu de tout ça.
Et pourtant, du haut de ses presque 4 ans il arrive parfois à mon fils de téter à l’extérieur, on ne cantonne pas les tétées à notre domicile.
S’il sait se passer de tétées plusieurs heures/jours, je ne l’incite pas à les décaler, je répond à son besoin quand il l’exprime.
Alors l’an dernier, il nous arrivait souvent de faire une pause tétee à la sortie d’école, et nous retrouver ainsi, de la même manière que chez l’assistante maternelle.
Même si c’est moins fréquent cette année ça arrive encore parfois, notamment quand il est fatigué.
De la même manière qu’un enfant, allaité ou non, réclamerait un câlin/une tétine/un doudou.
La plupart du temps, les gens doivent d’ailleurs penser qu’on en fait un de câlin, parce qu’ils ne nous portent aucune attention. Du moins, moi je m’en fiche tellement que même si c’était le cas je ne le remarque pas.
Quand à l’école, je ne crois pas qu’ils soient au courant puisqu’on n’en a jamais parlé.
En même temps je ne vois pas pourquoi je devrais les mettre au courant, et je ne pense pas que mon fils ait eu l’occasion d’en parler, que ce soit avec des encadrant.e.s ou d’autres enfants au sein de l’école.
Des enfants nous ont vu au square, une a déjà posé des questions, curieuse, après être un peu restée à côté de nous, ça a été l’occasion de discuter avec elle tranquillement.

Le fait qu’il soit scolarisé ou non ne change absolument rien d’après moi. En tout cas, cela n’a pas été le cas pour nous, que ce soit dans notre allaitement ou notre vie de manière générale.

Et vous les allaitantes ? Déjà allaité un.e enfant scolarisé.e?
Si oui, vous nous partagez votre histoire/point de vue en commentaire ?

7 Replies to “Allaiter un.e enfant scolarisé.e, qu’est-ce que ça change ?

  1. J’allaite aussi mon enfant scolarisé de bientôt 3 ans (en école démocratique), tout comme toi je n’ai jamais eu de remarque négative voir aucune remarque du tout. Nous prenons le temps d’une tétée à l’école quand je viens le chercher, c’est lui qui choisi où l’on s’installe et nous avons souvent des regards curieux des autres enfants, quelques-uns nous demande pourquoi il tète encore et c’est l’occasion pour moi d’expliquer que ce n’est pas réservé aux nouveaux nés.
    Pour ma part, je pense que la facilité de mon fils à aller vers les autres rapidement est peut-être du à ces temps de tétés, c’est comme s’il rechargeait ses batteries émotionnelles ou les déchargeait après une journée dense.
    Sur ma demande, nous avons arrêté les tétés de nuit pour nous permettre d’avoir des nuits un peu plus longues (en cododo), il y a toujours la tétée du soir et du réveil.
    De mon côté aussi j’ai continué d’allaiter en me disant que temps que j’y arrivais alors je continuerai. Quand je suis trop fatiguée ou que je n’ai pas envie sur le moment alors je le dis simplement à mon fils et il l’accepte.
    Bonne continuation !

    Laurence

    1. je te rejoins pour les batteries émotionnelles
      ça me donne parfois aussi cette impression
      une tétée à la sortie de l’école et ça repart lol

  2. Mon fils aussi est scolarisé depuis septembre et tête toujours. Il aura 3 ans en décembre. Mais j’ai aussi sa petite sœur de 6 mois donc on avait instauré après un retour de tétées comme un nourrison à la naissance de sa soeur, un retour à 3 tétées par jour, matin midi et soir. Celle du midi étant remplacée par une au retour de la crèche ou de l’école .. Mais j’en ai eu marre, +les tétées groupeesgroupées de sa soeur en début de soirée J’ai réussi depuis 2 ou 3 semaines à ne garder plus que celle du matin et celle du soir… Mais j’avoue, j’ai hâte que cet allaitement s’arrête parfois…

  3. Merci pour cet article. Moi aussi j’allaite encore ma fille de 3 ans et demi qui est rentrée en petite section. Effectivement ça ne change rien. Par contre je ne le fais plus à l’extérieur, c’est toujours à la maison, car ma fille joue avec mon autre sein alors je me retrouverais torse nu ^^. Jusqu’à il y a peu, elle se jetait sur mes seins dès qu’on rentrait à la maison, mais ce n’est plus le cas, maintenant elle attend l’heure du coucher pour téter.Elle tète la nuit mais beaucoup moins. Contrairement à toi j’ai encore des remarques de mes proches (mère, conjoint, sœur, belle-mère) qui sont souvent dans l’ironie (« Tu vas l’allaiter jusqu’à ses 18 ans ? » « C’est de l’esclavage », « Tu as ENCORE du lait??? », ou encore s’adressant à ma fille « C’est quand que tu arrêtes de téter, t’es un bébé? »).
    Longtemps je me suis posé la question du sevrage, sans savoir à quel âge je le ferai,comment j’allais m’y prendre, etc.
    Maintenant je sais que je ne peux aller que vers un sevrage naturel. Je me vois mal priver ma fille de ce réconfort, d’autant que c’est beaucoup moins fatigant qu’auparavant! Alors je profite encore de ces dernières mois, années, de tétées 🙂

  4. J’ai allaité mon fils 6 ans. Je n’ai pas eu spécialement de remarques et je ne regrette rien. Il va très bien aujourd’hui (il n’a d’ailleurs jamais connu les maladies infantiles classiques, il a une santé en fer!) et nous avons une excellente relation; il en garde d’ailleurs un très bon souvenir, je l’ai sevré quand je l’ai senti prêt parce que moi je n’avais plus envie mais lui si. Ça s’est passé très en douceur. Ca fait trois ans maintenant et c’est un garçon parfaitement autonome et qui prend son indépendance petit à petit.

    L’idée que la mère maintient l’allaitement et la confusion avec la sexualité vient de la psychanalyse qui est une théorie, non fondée sur des observations scientifiques et largement dépassée aujourd’hui, on parle plutôt d’attachement et de qualité du lien maintenant. Aujourd’hui les spécialistes pensent plutôt que plus l’allaitement dure, mieux c’est (c’est les recommandations OMS), en tout cas tant que l’enfant et la mère le souhaitent.

    Alors vive l’allaitement long et bonnes tetees avec vos petits bouts! 🙂

  5. J’ai allaité mon fils jusqu’à 23 mois. Il aura bientôt 5 ans. On est très fusionel. Lorsqu’il a naturellement cessé de téter il venait en pleine nuit se glisser dans mon lit. Durant environs 1 an et demi. J’ai préféré ne pas tenir compte des remarques que l’on me faisait.(ce n’est pas  »normal »…) Il dort à présent seul dans sa chambre. Chaque enfant est différent. Chaque maman est unique. Les milles et une questions se posent t-elles pour des chatons?… ‍‍‍

  6. J ai allaite aussi la fille durant sa 1ère année d ecole, en ps. Elle s est sévère d elle même progressivement après la naissance de son petit frere, elle savait que lui avait la priorité et à totalement intégré cette notion sans que je ne l entrave lors de ses demande.
    a l ecole, personne ne le savait (et pas de terre a la sortie de l ecole puisque garderie et récupérer ensuite par son papa). En revanche, à la maternité j ai informé le personnel que j allaitais pour que ce soit pris en compte si la montée de lait se faisait différemment de la normale. La, j ai eu des remarques negatives, que ça n apportait rien à ma.fille a 3 ans et demi…. Qu’ il était temps d arreter…
    Bon ça m a agacé bien entendu mais pas affecté, je ne cherchais pas leur approbation en leur disant, jusque que ce soit pris dans mon contexte personnel…

    Je fais ce commentaire pour montrer que ça existe et aussi et surtout dire que je partage a 100% votre vision de cette vision de maman qui entrave le développement de son enfant en l empêchant de se libérer du « joug maternel »….
    Je suis la même maman qui a allaitement a 3ans et demi passe ma fille et qui constate que dans ce même contexte familial, mon 2nd bébé est moins attaché au sein, à 20 mois les terres sont expéditive s, parfois faites ou même re fusées d un non de la tete… Bref une façon de témoigner que la part de l enfant est bien réelle dans cette relation a 2 et que ce n est pas la maman toute puissante qui impose ou prolonge un allaitement sans la volonté réelle du bebe.
    Voilà …

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