Se préparer à allaiter – Pourquoi, à partir de quand, comment ?

Je vous parlais ici de quelques informations « de base », concernant l’allaitement, quand on ne connait pas ou pas assez le sujet.
Aujourd’hui je vais aborder un autre grand sujet, doit-on se préparer à allaiter ?
Si oui pourquoi, à partir de quand et comment ?

Les mythes

On entend beaucoup de choses à ce sujet, dont certaines parfois étranges pour ne pas dire loufoques.
Je ne vais pas toutes revenir dessus mais je crois que celle qui m’a le plus choquée quand je l’ai lue, et qui pourtant revient souvent : frotter ses tétons avec une brosse à dent pour les préparer…
Ca se passe de commentaire je crois…

Non il n’y a pas besoin de préparer ses seins physiquement.
Ni en les massant, ni en se triturant les tétons, ni en les lavant autrement qu’à votre habitude (un excès d’hygiène peut irriter et assécher voire augmenter les risques de candidose).
Vous n’avez pas besoin non plus de modifier votre alimentation (je reviens plus en détail ici sur l’alimentation pendant l’allaitement).

Pourquoi se préparer ?

Parce que savoir c’est pouvoir.
Sans en faire un sujet d’obsession, ce qui peut vite devenir anxiogène, toute personne informée aura plus de chances de mener son allaitement au terme voulu (voire au sevrage naturel).
En cas de difficulté, la personne ne sera pas (ou moins) démunie.

A partir de quand ?

Personnellement je pense qu’il n’est jamais trop tôt dans la grossesse pour commencer à se renseigner.

Comment ?

Alors là, pas mal de possibilités.
Entre autres :
– la lecture,
– les rencontres,
– le choix des professionnel.le.s.

La lecture

Comme dit plus haut savoir c’est pouvoir.
Lire c’est se donner la possibilité de s’informer.
Appréhender l’allaitement de manière générale, mais pas que.
L’allaitement est un thème inévitablement corrélé au maternage.
Si certaines choses coulent de sources c’est loin d’être le cas pour toutes, ni pour tout le monde. Par exemple quand on a personne dans son entourage proche qui a allaité.
L’allaitement est naturel mais pas inné.
On peut rencontrer des difficultés tout au long de l’allaitement. Voire lors d’un deuxième ou troisième allaitement.
Avoir lu sur le sujet permet d’identifier des obstacles sur la route plus facilement, y remédier dans l’immédiat ou si besoin savoir quand et qui consulter.

Quelques pistes de lectures physiques avec quelques titres de livres plutôt complets sur le sujet :
L’allaitement de Marie Thirion,
Plus de lait ! Réussir son projet d’allaitement, de Diana West & Lisa Marasco,
– Le problème avec l’allaitement, de James Akré,
An introduction to Biological nurturing, de Suzanne Colson, si vous lisez l’anglais.

Sinon sur internet il existe quelques sites.
En généralistes :
Leche League,
Spir’allait,
CoFAM (Coordination Française pour l’Allaitement Maternel).

De manière générale évitez les sites parentaux type Magic maman ou Parents qui peuvent dire tout et son contraire d’un article à l’autre, et sourcent rarement, et survolent généralement les sujets.

En plus des sites quelques blogs :
– je ne peux pas ne pas citer Maman Lune ^^,
Parents naturellement,
Madame Milk & Coffee

Les rencontres

Les rencontres apportent ce que la lecture n’apporte pas, le réseau. Et le réseau pas mal de choses.
Notamment du soutien et de l’info.
Ces rencontres peuvent être physiques par le biais d’associations nationales ou locales.
Par exemple : Solidarilait, l’Allaitement tout un Art ou encore la Leche League nationalement.
Localement Allô allaitement 44, Galactée à Lyon et autour de Lyon…
Vous pouvez vous renseigner auprès de la maternité dans laquelle vous allez ou avez accouché, ou encore sur internet.

Mais elles peuvent être également virtuelles, et là elles souvent mésestimées.
Pourtant même si sur les réseaux sociaux et internet de manière générale on trouve pas mal de n’importe quoi on y trouve énormément d’infos.
Pour ma part c’est en flânant sur les groupes de mamans pendant ma grossesse que j’ai commencé à me renseigner sur l’allaitement, mais aussi la parentalité et le maternage de manière plus générale.
J’ai rejoins par la suite des groupes dédiés à l’allaitement. C’est aussi ce qui m’a poussé à lancer le blog.
Encore une fois tous ne se valent pas. Certains sont gérés par des professionnel.le.s formé.e.s, mais la majorité par des mamans passionnées. Mais finalement pas mal s’appuient sur des infos fiables, donnent des pistes sourcées.
En vrac quelques uns : Allaiter en maternant (bon là j’suis pas objective je l’ai co-créé :p ); Allaitement ATCE : trucs, conseils et encouragements; l’Allaitement tout un art (qui est aussi une asso), les tire allaitantes bienveillantes

Le choix des professionnel.le.s

Tou.te.s les professionnel.le.s ne sont malheureusement pas formé.e.s en allaitement.
Le Dr Jack Newman donne sur son site dans son article « How to know a healthcare practitioner is not a supportive of breastfeeding » quelques pistes pour savoir si le ou la pro que vous consultez ne soutient pas l’allaitement.
L’article est en anglais mais avec Google chrome vous pouvez traduire la page de manière automatique. Sinon vous pouvez utiliser Google translate ou aller voir ici une traduction proposée par Stéphanie Dupras.

En bref, si le pro vous parle à la moindre occasion d’arrêter l’allaitement ou de complémenter bébé sans raison justifiée (du genre pour qu’il dorme plus la nuit ); s’il vous dit que de toute façon de nos jours les PCN sont très bien et équivalentes au lait maternel; s’il vous donne des échantillons… fuyez ^^
Ou du moins consultez le pour son domaine de compétence, c’est-à-dire les maladies, et encore… parce que selon les cas il peut mettre à mal votre allaitement ou votre moral.
Parfois c’est du à un manque de formation, parfois une pratique teintée d’opinions personnelles.
Je sais que ça peut parfois être compliqué, mais il existe un tas de pros qui peuvent vous suivre vous ou bébé, ne vous limitez pas aux pédiatres et gynécos. Il y a aussi les généralistes et les sage-femme par exemple.
Dans certains cas n’hésitez pas à consulter des spécialistes (chiropracteurs, ostéopathes, ORL, allergologues…).
Mais il existe aussi une certification, IBCLC, qui garantit une formation en lactation humaine.
Vous pouvez trouver la liste des consultant.e.s en France ici, en Belgique ici, au Canada ici, au Québec ici, ou encore en Suisse .

En plus des professionnel.le.s libéraux, n’hésitez pas à vous renseigner au préalable sur la maternité où vous prévoyez d’accoucher.
Vous pouvez par exemple voir si celle-ci participe au programme Hôpital ami des bébés.
Plus d’infos sur ce programme ici, et la liste des établissements français .
Elles sont peu à y participer, n’hésitez pas malgré tout à vous renseigner. A aborder par exemple le sujet de l’allaitement lors de la visite sur place, éventuellement écrire un projet de naissance.
Si sur place vous avez des difficultés, avoir le numéro d’un.e consultant.e en lactation ou d’une asso à proximité peut également aider.

Et l’entourage alors ?

En plus de tout ça, n’hésitez pas à informer votre entourage.
Il est toujours plus « facile » d’allaiter dans un environnement soutenant.

N’hésitez pas à vous renseigner avec, ou à renseigner votre conjoint.e et éventuellement vos proches.
Vous pouvez par exemple participer ensemble à des réunions d’allaitement. Partager les lectures sur le sujet. En discuter en amont etc.
Le.a conjoint.e se sentira d’autant plus investi.e.

Et vous ? Vous êtes vous « préparée » ? Avez-vous des pistes que je n’aborde pas ?
Qu’est-ce qui vous a aidé ?

 

 

4 Replies to “Se préparer à allaiter – Pourquoi, à partir de quand, comment ?

  1. Perso, concernant les lectures sur l’allaitement maternel, je préfère l’Art de l’allaitement maternel de La Leche League qui est mieux que celui de Marie Thirion selon moi.
    Et un nouveau qui est très ludique et complet Le manuel très illustré d’allaitement de Caroline Guillot.
    Et puis certains groupes Facebook locaux peuvent être très soutenant aussi 🙂

    1. Perso j’ai pas accroché du tout à la lecture de l’art de l’allaitement maternel, et le manuel très illustré comporte des points avec lesquels je n’adhère pas, ne serait ce que sur la confusion sein/tétine appellée préférence et dont les risques n’exiteraient plus après un mois

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