La contraception pendant l’allaitement

Encore un vaste sujet sur lequel on peut entendre pas mal de choses, et où on a finalement peu d’information.

Personnellement c’est un sujet que la gynécologue qui me suivait pendant la grossesse n’a jamais abordé.
A la maternité même topo. A part me donner une ordonnance pour une pilule micro dosée, et me dire de la prendre deux semaines avant de reprendre les rapports aucune info.

Pourtant c’est un sujet qui mérite qu’on l’aborde, et c’est ce que je vais essayer de faire aujourd’hui.

Pour commencer revenons sur un mythe couramment répandu.
Non l’allaitement seul n’empêche pas une grossesse.
Ce mythe entraine de nombreuses grossesses rapprochées de mamans ayant repris les rapports sexuels sans contraception.

Oui l’allaitement peut bloquer l’ovulation mais difficile de savoir quand celle-ci reprendra.
Si vous n’envisagez pas de grossesse, il vaut mieux vous protéger.

Et là diverses possibilités, chacune avec des choses à savoir afin de pouvoir faire un choix éclairé.
Pour rappel, vous pouvez aborder ces sujets avec un.e gynécologue, mais aussi un.e sage-femme.
Ces deux corps de professions sont formés sur le sujet, et peuvent vous délivrer des ordonnances et/ou  pratiquer la pose si nécessaire.
Il y a également pas mal d’informations sur certains sites. Privilégiez des sites émanant du gouvernement  comme Choisirsacontraception ou Ameli.

Les considérations à prendre pour faire son choix dans le cas de l’allaitement (d’après ce document) :
– l’expérience avec les divers moyens de contraception, et la satisfaction liée,
– le projet d’allaitement,
– l’âge de l’enfant,
– son propre âge et la prévision de nouvelles naissances : il est recommandé un écart de minimum 18 mois/ 2 ans entre deux grossesses sur le plan de la santé maternelle, et 3 à 5 ans sur la plan de la santé infantile,
– l’expérience antérieure de l’allaitement et les éventuelles difficultés rencontrées,
– des critères médicaux, pouvant contre indiquer certains moyens de contraception,
– le point de vue du compagnon/de la compagne.

L'espacement des naissances

Pour ma part, je vais parler des différents moyens de contraception qui existent, en détaillant plus ou moins selon l’intérêt en allaitant.
Avec des informations générales, mais aussi les taux d’efficacité, le coût, la prise en charge ou non par la Sécu

En raison des effets possibles de chacune, elles vont être classées par ordre d’intérêt vis à vis de l’allaitement.
Celles de premier choix : non hormonales.
Celles de deuxième choix : avec un progestatif seul, mais pas avant au moins six semaines du post-partum.
Celles de troisième choix : les méthodes oestrogéniques, mais pas avant au moins six mois.

J’aborderai également en fin d’article la pilule du lendemain ainsi que l’IVG.

La contraception sans hormones

Naturelles, qu’on appelle aussi de non-contraception

Elles peuvent être utilisées par choix, quand on n’a aucune autre méthode à disposition, mais aussi en association aux méthodes que l’on appelle « barrière », détaillées plus loin.

Selon les méthodes, elles nécessitent de prendre sa température chaque jour, de manipuler des sécrétions avec ses doigts, de savoir repérer ses jours d’ovulation…
Celles sans appareillage sont gratuites et ne nécessite pas de matériel.

L’utilisation des méthodes naturelles demande d’avoir des cycles réguliers et de bien connaître son corps. Il est important de retenir que les périodes d’ovulation peuvent varier en fonction d’éléments extérieurs. Même quand la femme connaît exactement la date de son ovulation (ou pense qu’elle la connaît), l’ovulation peut être avancée ou reculée par toutes sortes d’événements.
C’est ce qui rend les méthodes naturelles imprécises et en conséquence peu fiables.
Tout le monde peut utiliser les méthodes naturelles. Mais au vu de leur faible efficacité dans la pratique, elles sont plutôt recommandées aux couples qui souhaitent espacer les grossesses, peuvent se passer de rapports sexuels avec pénétration pendant plusieurs jours et sont prêts à accepter une grossesse, même si elle n’était pas prévue.

Elles connaissent jusqu’à 25%1 d’échecs. Pour les méthodes nécessitant un appareillage, l’efficacité est propre à chaque système.

Je ne détaillerai que la MAMA qui est directement concernée par l’allaitement, pour les autres une brève description et des liens vers lesquels vous pourrez trouver de plus amples informations.

La MAMA (ou Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée)

Cette méthode consiste à miser sur le fait que l’allaitement bloque l’ovulation.
Elle demande un respect strict de quelques conditions et n’est utilisable de préférence qu’avant les 6 mois du bébé. Il vaut mieux d’ailleurs avoir déjà réfléchi à un plan B si l’une de ces conditions venait à ne plus être remplie.  Voire l’avoir déjà sous la main, ou être préparée à l’obtenir rapidement.

Ces trois conditions sont les suivantes :
– L’allaitement doit être à la demande (jour comme nuit),
– L’allaitement doit être exclusif (sans introduction de PCN, ni d’eau ni d’aliment),
– La mère ne doit pas avoir eu son retour de couches. Sachant que le retour de couches n’est pas à confondre avec les locchies, saignements après l’accouchement. On parle de retour de couches quand la mère a deux jours ou plus de saignements, ou trois jours ou plus de tachetures, plus de 56 jours après l’accouchement.

Le jour où l’une de ces conditions ne devait plus être respectée, la mère devrait aller utiliser un autre moyen d’espacement des naissances.

La tétine pouvant faire sauter des tétées qu’elles soient de jour ou de nuit, elle entraine un risque d’échec de la MAMA.

En 1988, à Bellagio un groupe d’experts a établi qu’en respectant trois conditions, la MAMA protégeait d’une grossesse.
Des analyses et études parlent de taux de grossesse à 6 mois entre 0,45% et 2,45%, ou encore entre 0 et 7,5%.
La moyenne retenue est autour de 2%.

Les MOC ou Méthodes d’Observation du Cycle

Elles sont basées sur l’observation et le calcul des cycles.
Il faut se remémorer cependant que :
– l’ovulation peut se produire à n’importe quel moment, y compris quand le cycle est habituellement régulier, notamment en début et fin de vie contraceptive.
– les spermatozoïdes peuvent vivre jusqu’à 5 jours dans l’appareil génital de la femme.
– pendant l’allaitement l’ovulation et le retour de couches peuvent tarder. Difficile alors de calculer les cycles et situer l’ovulation.

La méthode Ogino ou abstinence périodique

Elle consiste à éviter les rapports non protégés pendant les jours « fertiles », qui précèdent ou suivent l’ovulation.

La méthode des températures

Elle consiste à repérer la période d’ovulation en fonction de la température du corps.

La méthode Billings

Cette méthode consiste à déterminer la période de l’ovulation en fonction de l’aspect de la glaire (sécrétions du col de l’utérus), en l’examinant avec ses doigts.

Une étude sur l’utilisation de la méthode Billings en post-partum a constaté que les femmes qui allaitaient et utilisaient cette méthode avaient un taux de grossesse plus bas que les femmes qui l’utilisaient mais qui n’allaitaient pas. Le taux de grossesses non désirées était de < 1% pendant les 6 premiers mois d’aménorrhée lactationnelle. Toutefois, le taux de grossesse devenait élevé chez les femmes allaitantes qui utilisaient cette méthode après leur retour de couches (36% contre 13% chez les mères qui n’allaitaient pas), ou lorsque l’enfant recevait d’autres aliments.

La sympto-thermie

C’est une méthode d’observation du mucus cervical et de la température.

La méthode Marquette

C’est une méthode basée sur l’observation des glaires mais aussi un lecteur électronique de bandelettes urinaires.

La méthode Marquette a récemment fait l’objet d’une étude, qui a conclu à l’efficacité de la méthode en post-partum (18).

Les méthodes contraceptives sans hormones

DIU au cuivre

Tout comme l’hormonal il peut être posé 4 semaines après un accouchement. Son avantage est qu’il sera en place et efficace quel que soit le moment où l’enfant sera sevré.
Après la pose, un suivi gynécologique régulier est nécessaire. Au minimum, une visite de contrôle annuelle permettra de s’assurer qu’il est correctement placé et permet de faire le point sur la santé gynécologique de la femme.
Il présente des contre indications.
Ne peuvent s’en faire poser les femmes :
– ayant une malformation de l’utérus ou un gros fibrome, celles dont le col de l’utérus présente une béance en raison d’accouchements multiples ou difficiles,
– ayant un cancer du col de l’utérus ou de l’endomètre (avant traitement),
– porteuses d’une IST (mais c’est possible une fois l’IST traitée et guérie depuis plus de 3 mois),
– ayant une infection génitale haute (de l’utérus ou des trompes) en cours, récidivante, ou datant de moins de 3 mois.
– ayant des saignements vaginaux inexpliqués.
– venant d’accoucher (il faut attendre entre 48 heures et 4 semaines après l’accouchement).
– ayant eu une infection après accouchement ou après avortement il y a moins de 3 mois.
– ayant eu une tuberculose génitale.

Le DIU au cuivre est corrélé à un taux plus élevé de dysménorrhée (douleur qui précède, accompagne ou suit la menstruation) et de ménorragies (règles anormalement longues : plus de 7 jours, et abondantes excessivement).

Les études portant sur l’impact du DIU au cuivre n’ont pas constaté de baisse de lactation.

De barrière

Préservatifs

  • Masculin

Le préservatif masculin empêche le passage des spermatozoïdes dans le vagin, et donc la fécondation.
Toute personne ayant des rapports sexuels avec un ou plusieurs partenaires peut utiliser des préservatifs (si allergie au latex il en existe en polyuréthane).
Avec le préservatif féminin, c’est la seule protection contre les IST.

Pour plus de protection, il est possible d’associer les préservatifs à un autre moyen de contraception (pilule, spermicides…) : c’est ce qu’on appelle la double protection, sauf le préservatif féminin.

Parfaitement utilisé, il ne connaît que 2 % d’échecs. Mais dans la vie courante, les échecs peuvent être plus importants, allant jusqu’à 15% pour le préservatif masculin.

Il n’est efficace que si on l’utilise pour tous les rapports sexuels, à tout moment du cycle, car il n’y a pas de période « sans risque ». Pour diminuer les erreurs d’utilisation, il ne faut pas hésiter à s’entraîner pour le poser, l’enlever.

Il s’obtient sans ordonnance, à peu près partout (magasins, pharmacies…). On peut en obtenir gratuitement dans les CPEF, dans les centres de dépistage et dans les associations de lutte contre le VIH.
Pour être sûr d’acheter un préservatif respectant les normes de fabrication, il faut choisir ceux dont l’emballage fait bien figurer le sigle CE (Communauté Européenne) ou NF (Norme Française).

  • Féminin

Le préservatif féminin fonctionne comme le préservatif masculin.
C’est une gaine en nitrile ou en polyuréthane munie d’un anneau souple aux deux extrémités. Il se place dans le vagin, afin de recevoir le sexe masculin au moment de la pénétration.

Toute personne ayant des rapports sexuels avec un ou plusieurs partenaires peut utiliser des préservatifs.
Il peut être mis en place plusieurs heures avant le rapport sexuel et doit être changé à chaque rapport sexuel et entre chaque pénétration.

Correctement utilisé, le préservatif féminin est efficace à 95%1. Mais, dans la réalité, si on prend en compte les erreurs d’utilisation (problème de pose notamment), les échecs peuvent être plus importants, jusqu’à 21%2.

Pour plus d’efficacité, il peut être associé à un autre moyen de contraception (pilule, spermicides…) : c’est ce qu’on appelle la double protection, sauf le préservatif masculin.

Il ne nécessite pas d’ordonnance et peut se trouver en pharmacie ou sur internet.
Leur coût est environ de 8,70 € la boite de 3 en pharmacie mais on peut en obtenir gratuitement dans les CPEF, dans les centres de dépistage et dans les associations de lutte contre le VIH.

La cape cervicale

La cape cervicale (en silicone) se glisse dans le vagin, au contact du col de l’utérus, pour empêcher le passage des spermatozoïdes vers l’intérieur de l’utérus.

Elle peut être posée au moment du rapport sexuel mais aussi jusqu’à 2 heures avant le rapport sexuel.
Elle doit être utilisée en association avec les spermicides pour une meilleure efficacité.
Elle doit être laissée en place pendant 8 heures après le rapport sexuel (et retirée au plus tard dans les 24 heures qui suivent le rapport).

Elle peut être réutilisée plusieurs fois, à condition d’être lavée après chaque utilisation.

Utilisée parfaitement, la cape cervicale est efficace à 91%1 chez les femmes n’ayant pas eu d’enfant et à 74% chez les femmes ayant eu un enfant (en effet, dans ce cas, la cape  » couvre  » moins bien le col de l’utérus).
Mais dans la vie courante, si on prend en compte le manque d’habitude, les erreurs de manipulation ou la non utilisation à certains moments du cycle, l’efficacité courante de la cape est de 84%2 chez les femmes n’ayant pas eu d’enfant et de 68%2 chez les femmes ayant déjà eu des enfants.

Elle est recommandée aux femmes qui ne sont pas gênées par les manipulations vaginales que ce dispositif nécessite : pose, vérification, retrait, entretien…
Et contre indiquée aux femmes :
– pour lesquelles une grossesse ferait courir un risque grave,
– souffrant d’infections urinaires à répétition ou ayant un prolapsus,
– ayant déjà eu plusieurs enfants.

Le coût d’une cape cervicale est d’environ 60 €, non remboursé par la sécurité sociale.
Les spermicides qui accompagnent l’utilisation de la cape cervicale sont disponibles sans ordonnance en pharmacie et coutent entre 7 à 19 € (non remboursés), selon le type, pour plusieurs doses.

Elle peut se trouver en pharmacie ou auprès des CPEF après une consultation chez un médecin (généraliste ou gynécologue), ou une sage-femme.

La diaphragme

Le diaphragme (en latex ou en silicone) se glisse dans le vagin, au contact du col de l’utérus, pour empêcher le passage des spermatozoïdes vers l’intérieur de l’utérus.

Il peut être posé au moment du rapport sexuel mais aussi jusqu’à deux heures avant le rapport sexuel. Il doit être utilisé en association avec les spermicides pour une meilleure efficacité.
Il doit être laissé en place pendant 8 heures après le rapport sexuel (et retiré au plus tard dans les 24 heures qui suit le rapport).
Il peut être réutilisé plusieurs fois.

Utilisé parfaitement et systématiquement avec des spermicides, il est efficace à 94%1.
Mais, dans la vie courante, si l’on prend en compte le manque d’habitude, les erreurs de manipulation ou la non utilisation à certains moments du cycle, son efficacité courante est de 88%2, lorsqu’il est utilisé systématiquement avec des spermicides.

Avant d’acheter un diaphragme, il faut déterminer la taille nécessaire (variable selon la femme) avec l’aide d’un professionnel de santé qui connaît la méthode. On peut également trouver des diaphragmes en taille unique.

Il est recommandé aux femmes qui ne sont pas gênées par les manipulations vaginales puisqu’il nécessite : pose, vérification, retrait, entretien.
Et contre-indiqué aux femmes :
– pour lesquelles une grossesse ferait courir un risque grave,
– souffrant d’infections urinaires à répétition ou ayant un prolapsus,

Il peut se trouver en pharmacie ou dans un CPEF après une consultation chez un médecin (généraliste ou gynécologue) ou une sage-femme.

Le coût d’un diaphragme est d’environ 33 €* en latex, et 42 €* en silicone et est remboursé par la sécurité sociale sur la base de 3,14 €.
Les spermicides qui accompagnent l’utilisation du diaphragme sont disponibles sans ordonnance en pharmacie et coutent entre 7 à 19 €* (non remboursés), selon le type, pour plusieurs doses.

Spermicides

Ils peuvent se présenter sous deux formes : gel ou ovules à insérer au fond du vagin.
– Pour être efficaces, les ovules doivent fondre au fond du vagin (à la chaleur du corps) ce qui prend dix minutes.
– Les crèmes peuvent, quant à elles, être utilisées juste avant le rapport sexuel quand on sait qu’il va avoir lieu.

On peut les utiliser seuls mais il est fortement recommandé de les utiliser en association avec une méthode dite « barrière ».

Attention, quel que soit le spermicide utilisé :
– Il ne faut pas utiliser de savon pendant 6 à 8 heures après le rapport car le savon (quel qu’il soit) peut inactiver les spermicides.
– Il ne faut pas pratiquer d’injection vaginale après le rapport.

Ils sont discrets sous forme d’ovule et peuvent servir de lubrifiant vaginal.

Ils sont contre indiqués aux femmes :
– qui souffrent d’une infection sexuellement transmissible (IST), de mycose vaginale, d’infections urinaires à répétition ou qui ont une plaie du vagin,
– qui utilisent des médicaments par voie vaginale.

Leur efficacité est très aléatoire : on constate entre 18 et 29 % d’échecs de contraception avec l’utilisation des spermicides. Leur efficacité dépend de leur utilisation : le moment où on doit les utiliser varie selon le type de spermicide (crème ou ovule) et selon sa durée d’action (60 minutes pour les ovules et 8 heures pour les crèmes).

Ils se trouvent en pharmacie, sans ordonnance.
Leur coût est de 7 à 19 € environ, pour plusieurs doses. Ils ne sont pas remboursés par l’Assurance Maladie.

Autres

Méthodes irréversibles

Plusieurs méthodes existent : la vasectomie, la ligature des trompes en post-partum, la ligature des trompes par laparoscopie, et l’occlusion des trompes par voie hystéroscopique.
Ces méthodes impliquent des techniques différentes, avec éventuellement chirurgie et anesthésie.

Le principal point à prendre en compte lors d’un allaitement est l’impact potentiel sur les interactions mère- enfant.
Dans l’idéal, la procédure ne doit pas être effectuée pendant les premières heures post-partum, afin de permettre le peau à peau entre la mère et l’enfant, et le démarrage de l’allaitement. Toutefois, le contact précoce mère-enfant ne devrait pas empêcher les mères allaitantes d’avoir une ligature des trompes en post-partum. Pour limiter la séparation, l’enfant pourrait être maintenu en peau à peau contre sa mère avant la chirurgie, et remis contre elle après la chirurgie dès que la mère est réveillée et alerte. L’interruption du contact sera gérée d’une façon favorisant l’allaitement, et le professionnel de santé devrait prendre en compte les implications de l’anesthésie et de l’analgésie sur la dyade d’allaitement.

Malheureusement, les femmes qui n’ont pas eu de ligature des trompes pendant leur séjour en maternité risquent fort de ne pas en bénéficier ensuite, et de devenir à nouveau enceintes (48-50). Ce risque doit être pris en compte. Cela pourrait justifier une séparation mère-enfant précoce afin que l’opération soit effectuée avant le retour au domicile.

Depuis 2001, toute personne majeure peut demander une intervention chirurgicale à visée contraceptive. Il faut pour cela que la personne intéressée ait d’abord reçue une information médicale claire et complète sur les conséquences de cette opération et ait ensuite exprimé sa volonté de manière libre, motivée et délibérée.
Lors de la première consultation médicale, le médecin informe sur les autres méthodes contraceptives et sur les techniques de stérilisation existantes. A l’issue de la consultation, il remet un dossier d’information à la personne.
L’intervention ne peut être réalisée qu’après un délai de réflexion de 4 mois après cette première consultation médicale.
Il n’y a pas de condition de nombre d’enfants ou de statut marital. S’il n’y a pas de limite d’âge, en revanche, la stérilisation à visée contraceptive ne peut être pratiquée sur une personne mineure.
Seule la personne concernée par l’intervention peut faire le choix de la stérilisation, elle donne d’ailleurs son consentement par écrit.
Le médecin peut refuser de pratiquer l’intervention lui-même mais il doit en informer la personne ou le couple en demande dès la première consultation et doit les diriger vers un praticien qui la fera.

*Loi n°2001-588 du 4 juillet 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception.

Vous pouvez trouver pas mal d’infos ici.

La contraception hormonale

Il existe une controverse concernant l’impact de la contraception hormonale sur la production lactée. Quelques études ont été faites mais ont des résultats contradictoires.
Concernant l’allaitement une étude de l’OMS menée dans les années 1980 a fait état d’une baisse de 41,9% de la production lactée chez les femmes qui utilisaient une contraception combinée avant 6 semaines post-partum (21). Toutefois, une étude randomisée récente qui a comparé 63 femmes utilisant une pilule progestative délivrant 35 μg/jour et 64 femmes utilisant une pilule combinée délivrant 35 μg/jour d’éthinyloestradiol entre 2 et 8 semaines post-partum n’a constaté aucune différence entre les 2 groupes sur le plan du taux d’allaitement à 8 semaines (63,5% contre 64,1%). 44% des femmes du groupe progestatif et 21% de celles du groupe contraception combinée ont arrêté la prise de leur pilule en raison de la perception d’un impact négatif sur leur production lactée.

Dans ce contexte, il faut avoir en tête que les méthodes de contraception hormonale sont susceptibles d’abaisser la production lactée. Les méthodes hormonales devraient être déconseillées avant 6 semaines (il est d’ailleurs recommander de tester la contraception orale avant d’envisager les autres). Elles sont aussi déconseillées dans certains cas :
– Une production lactée déjà basse, ou des antécédents d’ échec de l’ allaitement,
– Des antécédents de chirurgie mammaire,
– Une naissance multiple,
– Un accouchement prématuré,
– Une mauvaise santé chez la mère et/ou le bébé.

Je fais donc le choix de simplement les lister sans les détailler, sauf études, pour nous focaliser dans cet article sur la contraception conseillée pendant un allaitement.
Pour chacune vous pouvez trouver toutes les infos nécessaires sur choisirsacontraception.

La pilule

Il en existe deux types.

La pilule dite «combinée» (PC) ou oestroprogestatives.
La micro-pilule progestative (PP) qui contient seulement un progestatif.

L’Implant

L’implant est un petit bâtonnet cylindrique, en plastique, de 4 cm de long et 2 mm de diamètre (la taille d’une allumette). Il contient les mêmes hormones que les pilules progestatives.

C’est un contraceptif dit de « deuxième intention ».

DIU hormonal

Un DIU ou  » dispositif intra-utérin » est un moyen de contraception inséré dans l’utérus par un professionnel de santé. Il est couramment appelé  » stérilet  » mais ce terme devrait être remplacé car il ne rend pas stérile.

Dans une étude comparant le déroulement de l’allaitement chez des femmes randomisées pour se voir poser soit un DIU au cuivre, soit un DIU progestatif à 6-8 semaines post-partum, on ne constatait aucune différence dans la durée de l’allaitement complet, ni dans la croissance de l’enfant jusqu’à 12 mois (42). Toutefois, selon l’analyse secondaire d’une étude randomisée comparant des femmes chez qui un DIU progestatif avait été posé immédiatement après la naissance ou à 6-8 semaines, le taux d’allaitement était plus bas dans le groupe où la pose avait été précoce (43). Dans le groupe où la pose était tardive, 4 femmes avaient reçu de la médroxyprogestérone avant la visite à 6 semaines.

les Patchs transdermiques

Le patch est un timbre qui se colle sur la peau. Il diffuse deux hormones dans le sang à travers la peau.

C’est un contraceptif dit de « deuxième intention ».

Les Anneaux vaginaux

L’anneau vaginal est un anneau flexible en plastique poreux qui contient une association d’hormones. On l’insère au fond du vagin et à la chaleur du corps, les hormones diffusent à travers la paroi vaginale et passent dans le sang.

C’est un contraceptif dit de « deuxième intention ».

Les Progestatifs injectables

Un progestatif de synthèse est injecté par piqûre intramusculaire tous les trois mois. Pendant 12 semaines, le produit assure une contraception constante.
Les injections doivent être faites à intervalles réguliers par un médecin, une infirmière ou une sage-femme.

 

Et la contraception d’urgence ?

De nombreuses situations à risque peuvent entraîner une grossesse pas prévue (préservatif qui glisse, oubli de pilule…). Il existe des méthodes de rattrapage, à prendre le plus rapidement possible après le rapport non/ou mal protégé, c’est ce qu’on appelle la contraception d’urgence.
Son efficacité est maximale si elle est prise dans les quelques heures qui suivent le rapport. Elle est la plus efficace lorsqu’elle est débutée dans les 72 heures qui suivent le rapport sexuel non protégé, mais reste toujours utile jusqu’à 120 heures.

Plusieurs possibilités :
– la pose d’un DIU au cuivre après le rapport, dans les 5 jours,
– la prise d’une pilule : au lévonorgestrel : Levonorgestrel Biogaran ou Norlevo (à prendre dans les 72h), ou à l’ulipristal (dans les 120h).

Un impact négatif sur la lactation suite à la pose d’un DIU au cuivre est très improbable, et présente l’avantage de poursuivre la contraception ensuite.

Concernant la pilule, les deux types ne sont pas contre indiqués lors d’un allaitement (les liens sont cliquables et renvoient vers le CRAT).

La contraception d’urgence n’est pas fiable à 100%. Si malgré son utilisation, vous observez un retard de règles et qu’une grossesse a lieu, il est important de ne pas perdre de temps :

  • Si vous ne souhaitez pas poursuivre votre grossesse, vous pouvez avoir recours à l’IVG dans les délais légaux en France ; Pour en savoir plus, cliquez ici. Vous pouvez également appeler le 0800 08 11 11 (appel gratuit et anonyme) ou consulter le site ivg.gouv.fr
  • Si vous souhaitez poursuivre votre grossesse et que vous désirez être informée, orientée et soutenue, des réseaux de professionnels sont disponibles. Dans un premier temps, vous pouvez consulter un médecin (généraliste ou gynecologue) ou une sage-femme.

L’IVG

L’IVG chirurgicale se pratique jusqu’à la fin de la 12e semaine de grossesse (soit au maximum 14 semaines après le début des dernières règles) dans un établissement de santé, c’est-à-dire un hôpital ou une clinique autorisé à pratiquer l’avortement.
Avant la fin de la 7e semaine de grossesse (soit 9 semaines après le début des dernières règles), une IVG médicamenteuse est envisageable.

L’IVG médicamenteuse

Elle peut se pratiquer à domicile, sans hospitalisation, par l’intermédiaire d’un médecin ou d’une sage-femme.
Elle consiste à prendre deux comprimés différents, à 24 h ou 48 h d’intervalle, puis à vérifier que la grossesse est bien interrompue lors d’une visite de contrôle. Cette méthode ne nécessite ni anesthésie ni intervention chirurgicale.

Deux consultations médicales préalables doivent être réalisées (les détails en cliquant sur le lien).

Première prise de médicament (mifépristone)

Le mifépristone – parfois appelé pilule abortive – est pris par voie orale en présence du médecin ou de la sage-femme, au cours d’une consultation.

Il interrompt la grossesse en bloquant l’action de l’hormone nécessaire à son maintien (la progestérone) et en favorisant les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin.
À l’issue de cette première étape, des saignements plus ou moins importants peuvent survenir. Ils ne signifient cependant pas que la grossesse est arrêtée. Il est donc indispensable de se rendre à la consultation suivante.
Dans certains cas exceptionnels, l’œuf est évacué à ce stade.

D’après le CRAT, il n’est pas nécessaire de suspendre l’allaitement lors d’une prise unique de mifépristone.

Seconde prise du médicament (misoprostol) – 36 h à 48 h plus tard

La prise du misoprostol, par voie orale, peut s’effectuer en consultation ou à votre domicile.

Ce second médicament augmente les contractions et provoque l’interruption de grossesse  :

• Dans 60 % des cas, l’avortement se produit dans les 4 heures suivant la prise du misoprostol.
• Dans 40 % des cas, l’avortement a lieu dans les 24 h à 72 heures suivant la prise du misoprostol.

Les contractions utérines induisent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes et qui peuvent être réduites grâce à la prescription d’antalgiques.
Des saignements peuvent parfois se produire très vite après la prise du misoprostol, parfois plus tardivement. Ils durent généralement une dizaine de jours.

D’après le CRAT toujours : »Au vu de ces éléments, l’utilisation du misoprostol est possible en cours d’allaitement. »

14 à 21 jours après la première prise de médicament une visite est nécessaire pour vérifier que la grossesse est interrompue et s’assurer de l’absence de complication.

L’interruption de la grossesse est généralement contrôlée par un examen médical, souvent complété par une échographie ou un examen sanguin. En cas d’échec (c’est-à-dire si la grossesse se poursuit), il est impératif de recourir à l’avortement chirurgical.
Lors de cette consultation, le médecin ou la sage-femme vérifie également que vous disposez d’un moyen contraceptif adapté à votre situation.
Si votre groupe sanguin est Rhésus négatif, vous recevez une injection de gamma-globulines anti-D pour éviter des complications lors d’une prochaine grossesse. Pensez donc à vous munir de votre carte de groupe sanguin.

L’IVG médicamenteuse en médecine de ville (cabinet de ville auprès d’un médecin ou d’une sage-femme, cabinet médical, sage-femme libérale, centre de santé, centre de planification et d’éducation familiale) est remboursée par l’Assurance Maladie à 100 % sur la base d’un tarif forfaitaire fixé entre 187,92 euros et 193,16 euros.

L’IVG chirurgicale

Elle consiste à aspirer l’œuf. Pour cela, il faut dilater col de l’utérus afin que le médecin puisse y introduire une canule reliée à un dispositif permettant d’aspirer son contenu.
L’intervention dure une dizaine de minutes et se déroule dans un bloc opératoire sous anesthésie locale (seul le col est endormi) ou générale. C’est le médecin qui détermine avec la patiente l’anesthésie qui convient le mieux.

Locale ou générale, l’anesthésie n’empêche pas l’allaitement.
La compatibilité peut également être vérifiée sur le CRAT.

L’IVG chirurgicale est remboursée par l’Assurance Maladie à 100 %, sur la base d’un tarif forfaitaire variable de 500,14 euros à 664,05 euros en fonction de l’établissement de santé (hôpital ou clinique), du type d’anesthésie (locale ou générale) et de la durée de l’hospitalisation.

Légendes :
1 C’est-à-dire que moins d’x % des femmes utilisant ce moyen de contraception de façon parfaite connaissent une grossesse au cours de leur première année d’utilisation.
2 C’est-à-dire que si l’on prend en compte les problèmes divers d’utilisation qui peuvent diminuer l’efficacité du moyen de contraception, x% des femmes utilisant ce moyen de contraception connaissent une grossesse au cours de la première année d’utilisation.

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