5 preuves que non ce n’était pas mieux avant…

Souvent, quand on parle éducation, que ce soit sur les réseaux sociaux ou ailleurs, le même argument revient souvent, à savoir « c’était mieux avant ».
On a parfois le droit à la variante, « nos parents faisaient comme ça, on est pas morts »
Ah bon ? Vraiment ?

Des exemples que non y en a des tas, mais aujourd’hui je vous partage cinq pratiques/habitudes autour de la grossesse, la maternité et la parentalité qui prouvent que, non, ce n’était pas mieux.
Et pour appuyer mes propos, j’ai volontairement choisi des pratiques pas si vieilles, un à trois siècles maximum.

 

  • La césarienne n’est devenue moins risquée qu’à partir du 19ème siècle. 
    Avant, il était fréquent qu’une femme enceinte rédige son testament.
    Un proverbe dit même « Femme grosse a un pied dans la fosse ».
    Pour être plus précis, c’est à partir de 1882, que les allemands Kehrer et Sanger pratiquent la suture systématique de l’utérus. Ils obtiennent des résultats de l’ordre de 90% de survie. Pour comparaison entre 2007 et 2009 de mortalité maternelle en France s’élevait à 0,0001% (10 mortes pour 100 000 naissances).

 

  • Et si la maman et l’enfant survivaient à l’accouchement et à la césarienne (parce que souvent elle était pratiquée sur la femme morte en dernier recours pour sauver le bébé, avec peu de chances de survie), la maman n’était pas à l’abri de succomber à une hémorragie ou encore une fièvre.

 

  • En effet, ce n’est qu’à partir de 1846 que les médecins se lavent enfin les mains en passant d’une maman décédée en couches à une maman venant d’accoucher, leur transmettant des bactéries mortelles, transformant les hôpitaux en mouroirs.

 

  • Les premiers jours de leur vie, les bébés étaient souvent laissés à jeun, ou nourris de tisanes, car une croyance disait que le colostrum et/ou le lait était nocif.
    Plus précisément, depuis l’Antiquité les médecins pensaient qu’après l’accouchement, le sang qui allait au cordon remonte jusqu’aux seins par une veine spéciale qui relie l’utérus aux seins.
    Ils considéraient le lait comme du sang « cuit » et « blanchi ».
    Cela fait qu’à travers les temps, la supériorité de l’allaitement est proclamée et les mères encouragées à nourrir elles-mêmes leur enfant (sans les confier à des nourrices, ni leur donner de lait animal). Mais, ils considèrent aussi que le corps n’est pas capable de produire du sang et du bon lait, et encouragent les mères à attendre la fin de leurs tranchées pour se mettre à donner le sein.
    Les paysannes attendaient souvent leur montée de lait et l’évacuation du méconium pour donner le sein, pensant le colostrum nocif.
    Les mères aisées elles confiaient l’allaitement de leur enfant à une nourrice, pendant une vingtaine de jours, et la plupart du temps finissaient par ne pas allaiter tout court.
    En attendant, d’un côté comme de l’autre, était donné à l’enfant de la tisane, du sirop de chicorée, du vin au miel, du lait animal ou encore des bouillies.
    On en sait désormais plus sur l’allaitement même si pas mal de mythes subsistent encore à notre époque (je vous en cite quelques uns ici).

 

  • Et s’ils survivaient à tout ça, à une époque (de 1950 à 1960) le gouvernement a lancé des campagnes enjoignant les parents à suivre les recommandations gouvernementales plutôt que les conseils de la famille.
    En soi, ça aurait été une bonne chose, si les recommandations n’avaient pas été délirantes : Horaires de tétées militaires, enjoignement des parents à ne pas porter leur enfant, ni le bercer, à le laisser pleurer…
    Heureusement que tout le monde ne suivait pas mais surtout que les recommandations ont évolué.

 

Sources :

– Le génial livre Bébés d’hier.
Pour celles et ceux qui sont curieux (ses) de savoir comment était vue la grossesse, la parentalité avant entre autres, ce livre est une mine.
On y découvre des tradition et des rites, de la première dent, des berceuses, ou encore l’ancêtre de l’ASE…
– Le livre Une histoire de l’allaitement, qui retrace l’histoire de l’allaitement, en partie à travers l’art.
– Cesarine.org
– http://presse.inserm.fr/mortalite-maternelle-diminution-de-la-mortalite-par-hemorragies/10335/

20 Replies to “5 preuves que non ce n’était pas mieux avant…

  1. Je ne suis pas encore passée par la grossesse mais globalement il faut en effet arrêter avec le fameux « c’etait Mieux avant ». Les avancée technologiques et autres au fil des années ne sont pas négligeables alors même si rien n’est parfait profitons déjà maintenant

  2. Super intéressant ton article! J’ai appris beaucoup de choses que je ne savais pas! Et, puis, pourquoi ne pas tout simplement être heureux de vivre et apprendre à vivre avec notre temps! héhé!

    Merci pour ce partage!

    Vic

  3. Non, ça n’avait pas du tout l’air mieux avant ! On a fait tellement de progrès. Je n’ai pas d’enfant et ne compte pas en avoir avant de nombreuses années mais je me rends compte qu’on a beaucoup de chance de pouvoir accoucher dans les conditions d’aujourd’hui ^^’

  4. Oh la la mais tellement d’accord ! Il y a tellement d’exemples qui prouvent que non ce n’était pas du tout mieux avant ! En termes d’hygiène, de soin, de santé physique et mentale, d’accompagnement… on peut ressentir cette nostalgie pour ce que nous n’avons pas connu, mais cette nostalgie est souvent issue d’une représentation fictive et artistique du passé. C’est agréable mais pour rien au monde je ne souhaiterais vivre dans le passé !

    1. oh oui, tu as choisi le bon terme, une fiction lol
      moi non plus
      tout n’est pas à cracher, mais je ne m’imagine pas une seule seconde vivre à une autre époque lol
      déjà quand je vois ce qu’il se passe dans le monde encore en 2017

  5. Cela parait en effet hallucinant parceque ce n’est finalement pas si vieux que ça … même si aujourd’hui, des risques demeurent. Quant au portage, quand on connait tous les bienfaits, no comment !

  6. Effectivement j’ai souvent entendu l’expression « morte en couches », alors que de nos jours… bah c’est beaucoup moins fréquent ! Beaucoup de familles perdaient un ou plusieurs nourissons également. Malheureusement, c’est encore le cas, mais les grossesses sont mieux suivies donc c’est plus rare aussi (pensée aux par’anges ♥).

  7. Surréaliste toutes ces informations !
    Je reste sans voix… Mais bon, quand on sait qu’encore un peu avant on opérait des nourrissons sans anesthésie parce qu’on pensait qu’ils ne ressentaient pas la douleur… WTF ?!
    Bref, en effet ce n’était pas forcément « mieux avant » !

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